Shibari : exploration du corps, lâcher-prise et transformation intérieure
Lorsque l’on évoque le shibari, l’imaginaire collectif s’arrête souvent à la surface.
Il est souvent perçu comme une pratique esthétique ou associée au BDSM, est en réalité une expérience bien plus profonde.
Au-delà des cordes, il s’agit d’une véritable exploration du corps, du lâcher-prise et de la relation à soi.
Lorsqu’il est pratiqué dans un cadre conscient et sécurisé, le shibari devient un outil de transformation intérieure, à la croisée du corps, des émotions et de la conscience.

Qu’est-ce que le shibari ? Une pratique entre corps et conscience
Le shibari est un art du lien d’origine japonaise, utilisant les cordes pour créer des formes, mais surtout des expériences sensorielles et émotionnelles.
Contrairement aux idées reçues, il ne se limite pas à une dimension visuelle ou érotique.
Il permet :
- une reconnexion au corps
- un travail sur le lâcher-prise
- une exploration de la vulnérabilité en sécurité
- une meilleure compréhension de ses limites et besoins
Dans une approche thérapeutique ou consciente, le shibari devient un véritable outil d’exploration somatique.
Une expérience immersive : quand le corps entre en transe
Entrer dans l’expérience reviens à lâcher là où le mental ne suffit plus
Je me souviens très précisément de mon entrée dans le shibari.
Ce n’était pas une recherche de performance.
Ni une curiosité purement esthétique.
C’était un appel.
Un élan intérieur vers quelque chose que je ne pouvais pas encore nommer, mais que je sentais profondément juste.
Comme une invitation à aller rencontrer des zones de moi encore inexplorées.
J’y suis entrée avec une intention simple en apparence :
me libérer de certains attachements que je percevais comme limitants, voire toxiques.
Mais très vite, j’ai compris une chose essentielle :
Le corps ne suit pas toujours l’intention mentale.
Il suit ce qui est prêt à être vu.
Et c’est là que l’expérience commence réellement.
A ce moment donner, où quelque chose bascule.
Les cordes se posent.
Le corps s’adapte.
La respiration change.
Puis, progressivement, le mental ralentit.
Et parfois…
un état modifié de conscience apparaît.
Résister, lâcher, traverser : les trois mouvements internes
Au fil de l’expérience, trois phases apparaissent souvent.

1. La résistance
Le corps se tend.
Le mental analyse.
Une forme de vigilance s’installe.
C’est un moment clé.
Car cette résistance ne parle pas des cordes.
Elle parle de notre rapport au contrôle.
- Peur de ne plus maîtriser
- Besoin de comprendre
- Réflexe de protection
Le shibari met en lumière ces mécanismes avec une précision presque chirurgicale.
2. Le basculement
Si le cadre est sécurisant, si la confiance est là, quelque chose finit par céder.
Pas dans la contrainte.
Mais dans une forme d’autorisation intérieure.
Le corps comprend qu’il peut relâcher.
La respiration change.
Les tensions se transforment.
L’attention se déplace.
On passe de :
“Je dois gérer”
à
“Je peux ressentir”
3. Le lâcher-prise
Et puis, parfois, un espace s’ouvre.
Un espace difficile à décrire, mais profondément reconnaissable.
Le mental se fait discret.
Le corps devient fluide.
Les sensations circulent.
Ce n’est pas une perte de contrôle.
C’est une transformation du rapport au contrôle.
On ne subit plus.
On habite.

La transe en shibari
Cet état peut s’apparenter à une transe légère à profonde, caractérisée par :
- une diminution de l’activité mentale
- une amplification des sensations corporelles
- une perception du temps modifiée
- une immersion totale dans l’instant présent
Le corps devient alors le centre de l’expérience.
Les sensations circulent différemment :
- vagues de chaleur
- frissons
- tremblements
- sensation d’expansion ou de flottement
Cet état n’est pas recherché pour lui-même, mais il peut émerger naturellement lorsque les conditions sont réunies.
Les états somatiques : comprendre ce que le corps exprime
Le shibari agit directement sur le système nerveux et peut faire émerger différents états somatiques.
Parmi les plus fréquents :
- une relaxation profonde proche de la méditation
- une activation émotionnelle (larmes, rires, relâchement)
- des tensions qui se libèrent
- une sensation de présence intense au corps
Ces réactions sont naturelles.
Elles traduisent un processus interne d’ajustement, de régulation et parfois de libération.
Le corps comme mémoire vivante
Un des aspects les plus marquants, et souvent les plus inattendus, est l’émergence de mémoires corporelles.
Sans prévenir, une émotion surgit.
Parfois sans image.
Parfois sans histoire claire.
Une sensation.
Une montée intérieure.
Une vibration.
C’est là que le shibari rejoint une dimension profondément thérapeutique.
Le corps ne raconte pas avec des mots.
Il raconte avec des sensations.
Et ces sensations sont souvent liées à :
- des expériences passées
- des schémas relationnels
- des empreintes émotionnelles anciennes
Dans un cadre juste, ces mémoires peuvent :
- être reconnues
- être traversées
- commencer à se transformer
Shibari et libération émotionnelle : l’émergence des traumas
Dans certains cas, le shibari peut toucher des zones plus profondes de l’être.
Le corps garde en mémoire des expériences passées, parfois non intégrées.
On parle alors de mémoire corporelle ou de trauma somatique.
Cela peut se manifester par :
- une montée de peur ou d’anxiété
- un besoin de reprendre le contrôle
- une sensation d’impuissance
- une réaction émotionnelle intense
⚠️ Ces expériences nécessitent un cadre sécurisant et un accompagnement adapté.
Lorsqu’elles sont accueillies avec justesse, elles peuvent devenir de véritables leviers de transformation.
Le paradoxe du shibari : être attaché pour mieux lâcher prise
Un paradoxe initiatique où la contention deviens libété.
C’est ici que le shibari révèle toute sa puissance symbolique.
Être contenu… pour se sentir en sécurité.
Être limité… pour accéder à une forme d’expansion intérieure.
Ce paradoxe vient toucher quelque chose de très profond en nous.
Car dans notre quotidien, nous associons souvent :
- liberté = absence de contraintes
- attachement = enfermement
Le shibari vient renverser cette lecture.
Il nous montre que :
- certaines structures sécurisent
- certains cadres libèrent
- certains liens apaisent
Et cela dépasse largement la pratique.
Cela vient interroger :
- notre manière d’aimer
- notre manière de nous engager
- notre manière de nous protéger
Le shibari repose sur un paradoxe puissant :
- être contraint physiquement
- pour accéder à une liberté intérieure
Cette expérience permet de travailler en profondeur sur :
- le besoin de contrôle
- la capacité à faire confiance
- la relation à la vulnérabilité
Le corps apprend progressivement à relâcher, non pas par obligation, mais par sécurité.
Pourquoi le cadre est essentiel en shibari
Pour que le shibari soit une expérience bénéfique, certains éléments sont indispensables.
C’est un point fondamental, et il mérite d’être posé avec clarté.
Le shibari n’est pas une pratique anodine lorsqu’elle touche ces niveaux de profondeur.
Il nécessite une qualité de cadre irréprochable :
- un cadre sécurisant
- un consentement clair et respecté
- une présence attentive
- une écoute du corps et des limites
- choix du safeword” en anglais, ou mot de sécurité
Sans cela, l’expérience perd sa profondeur.
Avec cela, elle devient un véritable espace d’exploration et de transformation.
L’intégration : là où la transformation opère réellement
Ce qui se vit pendant une séance est important.
Mais ce qui se transforme après l’est encore plus.
Car une expérience, aussi forte soit-elle, ne devient transformatrice que si elle est intégrée.
Cela passe par :
- mettre des mots sur le vécu
- relier l’expérience à son histoire personnelle
- observer ce qui évolue dans le quotidien
Par exemple :
- un rapport au contrôle qui s’assouplit
- une capacité à poser ses limites plus clairement
- une relation au corps plus apaisée
- une ouverture à la vulnérabilité
Le shibari devient alors un véritable outil d’évolution.
Vers une approche intégrative : Shibari, Tantra et conscience
C’est dans cette compréhension que l’alliance avec le tantra prend tout son sens.
Le tantra vient soutenir :
- la respiration
- la présence
- la circulation de l’énergie
- la conscience du moment présent
Le shibari vient structurer :
- le cadre
- le contenant
- la mise en tension symbolique
Et l’accompagnement thérapeutique permet :
- de donner du sens
- d’éviter les projections
- de transformer l’expérience en évolution durable
Cette synergie crée un espace rare.
Un espace où l’on ne cherche pas à vivre quelque chose d’extraordinaire…
mais à être profondément en lien avec ce qui est là.
Shibari, Tantra et développement personnel
Le shibari peut être associé à d’autres pratiques comme le tantra, qui vient enrichir l’expérience par :
- la respiration consciente
- la circulation de l’énergie
- la présence à l’instant
- la connexion à soi et à l’autre
Cette approche globale permet d’aller plus loin dans le développement personnel, la reconnexion au corps et l’éveil des sensations.
💫 Conclusion : une expérience à vivre
Le shibari ne se comprend pas uniquement par les mots.
Il se vit.
Il n’est pas une pratique que l’on “fait”.
C’est une expérience que l’on traverse.
Une expérience qui nous confronte, nous révèle, nous ouvre.
Lorsqu’il est abordé avec conscience, il devient :
- un miroir de nos fonctionnements
- un espace de libération
- un terrain d’exploration de la vulnérabilité
- un chemin vers une forme de liberté intérieure
Et peut-être, au fond…
Une manière d’apprendre à faire confiance.
À l’autre.
Mais surtout… à soi.
Car au-delà des cordes, il existe un autre espace d’exploration… plus fluide, plus expansif, où le souffle, l’énergie et la conscience deviennent les véritables guides. C’est précisément ce que propose dans mon stage Tantra & Shibari : De l'union à l'extase

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